Dossier économique


AFRIQUE DE L’OUEST

FAIBLE NIVEAU D’ INVESTISSEMENTS

L’Afrique en général et l’Afrique de l’Ouest en particulier peine à attirer les investisseurs. La part du continent dans les investissements directs étrangers est nettement en deçà de ce qu’elle pourrait ou devrait être en comparaison avec les pays de l’Asie. Et pourtant les opportunités et les incitations existent. Les contraintes et autres pesanteurs aussi.
e continent africain est de plus en plus marginalisé. Même les investisseurs étrangers semblent le bouder. Pourtant ce ne sont pas les potentialités qui manquent tant sur le continent en général qu’en Afrique de l’Ouest. Certains pays de cette sous région de l’Afrique subsaharienne apparaissent comme de véritables scandales géologiques. La richesse de leurs sous-sol aurait du en effet leur permettre de jouer une bien meilleure partition. Au contraire, la part de marché de l’Afrique subsaharienne est passée de 3,64% en 1970 à 1,62% en 1995. 
L’Afrique se marginalise tant au niveau des flux commerciaux que des flux financiers. Malgré la reprise des investissements privés, la part de l’Afrique dans les investissements directs est passée de 3% au début des années 1990 à moins de 2% en 2000. Or, au cours des dix dernières années, les flux mondiaux d’investissements étrangers directs (IED) n’ont cessé de s’amplifier, passant de 209 milliards de dollars en 1990 à 1300 milliards de dollars en 2000. Contrairement à ce qui s’est passé sur la plupart des autres continents, les investissements à destination de l’Afrique ont diminué en 2000, passant pour la première fois, depuis le milieu des années 90, de 10,5 milliards à 9,1 milliards de dollars. Ce continent reste le parent pauvre même si les flux totaux d’IED ont augmenté de 10% par rapport à l’année précédente. Si l’on compare la répartition des investissements directs au PNB, des différences notables apparaissent concernant la période 1988/ 97. L’Afrique est la moins bien lotie. Elle attire 68,8 % des investissements directs à destination des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Alors que son PNB en 1997 représentait 84,8% du total de ces pays. Et pourtant que ce soit au plan des infrastructures notamment routières, des télécommunications, de l’agro industrie ou de la recherche et de l’exploitation minière et pétrolière, l’Afrique constitue dans son ensemble une source immense d’opportunités. 
La situation est telle que la Commission Economique pour l’Afrique (CEA) a organisé du 24 au 27 juin 2001, une conférence internationale à laquelle ont assisté à Accra plusieurs chefs d’Etats et de gouvernement et plus de 600 personnes. « Relance de l’investissement privé en Afrique ; partenariat pour la croissance et le développement », tel était le thème de cette conférence patronnée par la table ronde des hommes d’affaires africains la coalition mondiale pour l’Afrique, le Programme des Nations Unies pour le développement(PNUD), etc… « Les gouvernements doivent établir un climat socio-économique stable, pluraliste et favorable pour que les investisseurs africains et étrangers prennent et tiennent des engagements productifs en Afrique », a déclaré M K Y Amoako secrétaire exécutif de la CEAO. Le tableau n’est pas très reluisant même si certains pays tirent leur épingle du jeu à l’instar des pays développés notamment d’Europe occidentale. Il s’agit notamment de pays tels que l’Egypte, la Tunisie, le Nigéria. Au plan régional, la communauté de développement de l’Afrique australe est restée le groupe de pays qui a attiré le plus d’IED en Afrique. 44% des entrées totales, contre 21% pendant la première moitié des années 90. L’Afrique de l’Ouest, en dépit de ses immenses potentialités et des programmes d’ajustement et leurs contraintes diverses, ne draine que très peu d’IED. Pourtant ces programmes initiés par les bailleurs de fonds étaient sensés favoriser dans une certaine mesure l’afflux de capitaux privés étrangers. Dans un rapport publié en juillet 2000 sous le titre « le flux de capitaux et la croissance économique en Afrique », la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement ( CNUCED) fait remarquer : « Dans la période 1975-82, les entrées de capitaux privés représentaient 3,9% du produit national brut(PNB) des pays d’Afrique subsaharienne, en 1983-1998, période de la généralisation de l’ajustement, ils ne représentent plus que 1,8% du PNB, soit une chute de plus de 50% par rapport à la période 1975-82 qui a précédé la crise de la dette et le début des politiques d’ajustement ». 
Pour une raison ou une autre, les pays de l’Afrique de l’Ouest n’attirent pas beaucoup les investisseurs qui préfèrent en général les paradis fiscaux. Seuls un pays qui recèle du reste d’importants gisements pétrolifères tire son épingle du jeu. Il s’agit du Nigéria qui figure pratiquement toujours depuis 1978 au top 10 des principaux pays bénéficiaires d’investissements directs au niveau de l’Afrique des Caraïbes et du Pacifique. Treizième pays producteur mondial de pétrole, le Nigeria n’a pourtant pas de mérite particulier. On constate en effet que les investissements sont principalement orientés vers un petit nombre de pays receveurs généralement producteurs de minéraux, de pétrole dont le Gabon, le Cameroun, le Congo l’Angola ou des pays qui soit apparaissent comme de véritables paradis fiscaux soit développent une véritable politique de promotion du secteur privé. D’autres pays apparaissent également au moins une fois dans le Top 10 entre 1978 et 1997. Il s’agit de la Côte d’Ivoire, du Libéria et du Ghana. De source proche de la Banque mondiale, deux de ces pays maintiennent la cadence et occupent le peloton de tête en Afrique de l’Ouest. Le Nigeria ne faillit pas à sa réputation de locomotive de cette région. Il a enregistré 1005 millions de dollars d’investissements étrangers directs en 1999 contre 350 millions de dollars pour la Côte d’Ivoire, l’autre géant de cette région. La Guinée et le Sénégal avec respectivement 63 millions de dollars et 60 millions de dollars d’investissements enregistrés prennent de l’ascendant. Le Cap-Vert , le Ghana, le Bénin, le Togo, le Niger et le Burkina enregistrent respectivement pour leur part 15 millions des dollars, 17 millions de dollars, 31 millions de dollars, 30 millions de dollars, 15 millions de dollars et 10 millions de dollars. Quant à la Sierra Leone, elle n’en a attiré qu’un million de dollars. Ces performances sont en réalité nettement en deçà des potentialités de la sous région qui regorge tant de ressources minières que pétrolières. 
Bien des obstacles freinent l’accroissement des flux. D’abord au niveau de l’environnement économique. On peut relever entre autres freins, l’exiguïté des marchés des pays de la sous région, la difficulté d’accès de l’investisseur privé à l’information nécessaire, l’insuffisance d’infrastructures indispensables, l’absence d’une véritable politique de soutien au secteur privé, etc. Au niveau juridique et réglementaire, les potentiels investisseurs déplorent l’inexistence de législations opportunes, l’inadaptation des codes des investissements, le manque de transparence des législations adoptées et l’insuffisance des systèmes de protection et de garantie des investissements. 
Ce sont là autant d’éléments qui motivent la réticence des investisseurs même s’ils ne sont pas propres à cette sous région. L’intégration sous régionale entamée constitue déjà une des solutions à l’étroitesse des marchés nationaux. L’Afrique de l’Ouest représente en effet un marché d’un peu plus de 210 millions d’Habitants. Tant au plan régional que national les différents pays doivent s’atteler « à alléger les procédures nécessaires à l’autorisation d’investir, rendre plus transparentes les différentes dispositions légales en application, et surtout mettre en cohérence les intentions libérales affichées et les régimes économiques ou juridiques en vigueur ; renforcer la sécurité et la protection des investissements étrangers etc ». 
Dans un contexte ou l’épargne est quasi inexistante et les investisseurs locaux rares, l’Afrique de l’Ouest doit accélérer son intégration tout en engageant les reformes nécessaires. C’est le prix à payer pour devenir une zone d’attraction par excellence des investissements. Même si le flux des investissements ne rime pas toujours avec croissance économique et réduction de la pauvreté. Ce dont cette zone a le plus besoin. Et pour cause onze ( Cap-Vert, Burkina, Sénégal, Gambie, Mali, Bénin, Guinée, Niger, Togo, Sierra Leone, Guinée Bissau) des quinze pays qu’elle regroupe appartiennent à la catégorie des 43 les moins avancés.

Source : http://www.ouestafriqueeconomie.com



Une économie sinistrée par la crise politico-militaire

L’économie de la région de la région ouest-africaine des zones UEMOA (Union économique et monétaire de l’Afrique de l’ouest) et de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) est déstabilisée par la crise. Toutes les prévisions de croissances sont perturbées et évoluent en dents de scie. Quelques secteurs d’activité tirent bénéfice de la crise, dans les pays voisins. Mais en Côte d’Ivoire même, si les chiffres ne sont pas encore publiés, toutes les observations objectives indiquent néanmoins un blocage, voire une paralysie de certaines activités économiques. 

L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) regroupant les pays et bailleurs de fonds avait organisé à Accra au Ghana, en mai 2002, une réunion d’information sur les politiques d’intégration en Afrique de l’Ouest. Mais les orientations définies n’ont pu prendre l’envol escompté. La pièce maîtresse du dispositif, la Côte d’Ivoire, ayant sombré dans la guerre civile. Une nouvelle réunion est prévue, courant 2004 pour réorganiser des dynamiques internes à la région et qui échapperaient aux vicissitudes des politiques intérieures des pays membres de la CEDEAO ou de l’UEMOA. Mais avant cela une conférence internationale sur l’investissement et le commerce devrait se tenir à Dakar en mars-avril 2003. La Banque africaine de développement à l’issue de sa réunion de la mi-décembre 2002 à Accra, envisage elle aussi, l’étude d’orientations nouvelles dès février prochain. Elle affirme son souhait de maintenir son siège social à Abidjan, mais constate néanmoins les difficultés qu’elle rencontre pour la tenue des assemblées générales du groupe dans le pays hôte. Pour des raisons de sécurité, le Ghana offre pour l’instant des possibilités de relocalisation temporaire de certains personnels.
Les indicateurs des banques et institutions de financement, affichent des tendances positives et des seuils de réalisations qui répondent aux objectifs. Mais ces mêmes institutions manquent de recul nécessaire pour apprécier la rentabilité des investissements. Les seuls indicateurs restent, pour l’instant en Côte d’Ivoire, la chute des activités économiques et commerciales. Des exemples précis sont pris pour apprécier les données. La coupure du pays en deux zones distinctes a eu une incidence directe sur les réserves bancaires en zone contrôlée par le rébellion. Les banques ne sont plus approvisionnées et les systèmes de fonctionnement sont contrariés par la guerre. Les commerçants ne déposent plus leurs fonds en banques, qui de toute façon ne pourraient pas faire des placements rémunérateurs. Les pays limitrophes, le Burkina Faso et le Mali, connaissent un regain de transactions financières, mal maîtrisées du reste, parce que les dispositifs locaux ne prévoient une gestion saine d’une situation extrême. Cette situation fait le lit du secteur informel à la frontière des deux pays, et qui échappe à l’économie de tous les pays concernés. Mais ces activités profitent de manière indirecte au Mali et Burkina Faso qui enregistrent une consommation accrue de leurs productions, dans les zones frontalières. Les activités du secteur informel ne profitent pas au Ghana du fait de la différence de monnaie entre ce pays et la Côte d’ivoire.

Le contournement des axes traditionnels ne règle pas tout

Les régions du nord de la Côte d’Ivoire occupée par la rébellion semblent plus touchées par les pénuries en biens de consommation. Le contournement de certaines routes, même s’il révèle la promptitude de réaction des commerçants, n’efface pas la précarité des solutions trouvées. Le marché du bétail par exemple, en provenance du Mali, du Burkina Faso et du Niger, s’effondre parce que la Côte d’Ivoire, région sud sous contrôle gouvernemental, n’absorbe plus les quantités habituelles. Il en est de même pour la production d’oignon dont le Niger est le principal fournisseur. A Abidjan et dans les grandes villes du sud les marchés n’enregistre pas pour l’instant de ruptures d’approvisionnement, mais les prix commencent par connaître une hausse graduelle, pendant que le Niger cherche d’autres débouchés pour écouler son trop-plein. Les grossistes vont «liquider» leurs stocks qui pourraient revenir sur le marché ivoirien par des voies détournées. Du fait de l’effondrement des cours, le consommateur ivoirien ne sera pas forcément perdant. Dès le mois de février, après la période de négociation de vente d’oignons, les indicateurs reflèteront les tendances réelles du marché. Un autre produit, la cola, perturbe les équilibres régionaux. L’approvisionnement en Côte d’Ivoire n’étant plus possible, les négociants se rabattent sur le Ghana et le Nigeria, autres gros producteurs de la région. 
Sur le plan national, la production intérieure ivoirienne connaît aussi d’énormes difficultés d’écoulement des stocks. Il s’agit essentiellement des produits agroalimentaires que la Côte d’Ivoire exporte vers ses voisins : huiles, bananes, ananas, avocat, sucre. A ces produits alimentaires s’ajoutent également les produits industriels sous les marques Nescafé, Nestlé, Dinor (huile alimentaire), les savons et cosmétiques, la farine de blé, qui ne parviennent plus au marché des pays sahéliens. C’est pourquoi les institutions régionales envisagent sérieusement la réactivation de certains entrepôts et corridors d’approvisionnement des pays enclavés plus affectés par la crise ivoirienne que les pays bénéficiant d’une façade maritime. Cette même logique de survie alimente aujourd’hui les réflexions des mouvement rebelles qui veulent installer dans les zones occupées des systèmes propres de gestion et donc d’autonomie relative, pour éviter le chaos que leur prédisent les autorités d’Abidjan. En tout cas, quelles que soient les solutions de maîtrise de la situation, envisagées par les uns et les autres, l’économie de la Côte d’Ivoire est aujourd’hui déstructurée et perturbe tous les plans de développement régional. 

Repères
Superficie : 332 640 km2 
Population : 16,9 millions d’habitants
Capitale : Yamoussoukro
PIB par habitant : 420 700F CFA
Taux de croissance du PIB en 2001 : -0,9%
Prévision de croissance PIB en 2002 : 3%
Inflation en octobre 2002 : +0 ;6%
Sources : IZF

DIDIER SAMSON
03/01/20


Paralysie sur l’axe Abidjan-Bamako

Le Mali, pays enclavé, dépend en grande partie de la Côte d’Ivoire pour l’importation des produits de grande consommation. Mais le puissant voisin est essentiel pour l’exportation du bétail et du coton.

L’axe Abidjan-Bouaké-Bamako est une artère nourricière pour le Mali car plus de 70% des importations du pays l’empruntent, souligne la direction des relations économiques extérieures du ministère français des Finances. De fait, 3400 tonnes de marchandises, soit 135 camions, se rendent tous les jours au Mali en partant de la Côte d’Ivoire. Ce pays enclavé qu’est le Mali dépend en grande partie de la Côte d’Ivoire pour l’importation de produits manufacturés et de produits d’entretien (savons, lessives, cosmétiques), mais aussi de produits alimentaires comme l’huile, le café soluble, les fruits, l’atiéké et bien d’autres choses encore. La pénurie s’est instaurée sur certains produits de grande consommation poussant les grossistes maliens à s’approvisionner au Ghana mais aussi au Togo et au Nigeria. Les circuits de distribution en sont rallongés ce qui renchérit les coûts du transport, d’où une hausse des prix. Une étude réalisée par le Club du Sahel estime qu’une entreprise qui s’approvisionne par le Ghana ou le Burkina Faso subit un surcoût de 30 à 40%.

Face au risque d'inflation brutale, le gouvernement malien a pris des dispositions d’urgence. La TVA a été suspendue sur les produits de base comme le riz ou le sucre, ce qui a permis de contenir les prix. Des mesures ont également été prises pour éviter les ruptures de stocks de carburant. Mais on observe quand même des augmentations de prix sur le ciment, avec des conséquences immédiates sur le coût de la construction, l’avocat, la banane ou la cola. Les secteurs qui connaissent le plus grand ralentissement d’activité sont le transport routier, empêché par les barrages, et le BTP.

La dépendance à l’égard du puissant voisin ivoirien est encore plus grande en ce qui concerne les exportations maliennes. Le bétail, tout particulièrement, trouve un débouché essentiel sur le marché ivoirien. Là, le phénomène de distorsion entre l’offre et la demande joue à la baisse du prix. Pour se défaire de la viande qu’ils ne peuvent plus exporter les éleveurs maliens bradent leur marchandise. Le Mali, premier producteur de coton d’Afrique de l’ouest s’inquiète aussi pour la commercialisation de sa récolte. A juste titre. On peut envisager d’écouler la marchandise à exporter par d’autres ports comme celui de Téma au Ghana ou ceux de Cotonou et Lomé. Mais ces ports n’ont pas la possibilité de traiter de telles quantités imprévues et le changement de trajet ajouté à la sous-capacité vont entraîner une augmentation des coûts de transports. Le grand bassin cotonnier du sud du Mali est potentiellement en danger. Il en est de même pour les milliers de tonnes de mangues à destination de l’Union européenne et d’autres producteurs mondiaux pourraient bien profiter pour investir ce marché pendant la crise.

A cela s’ajoute le problème du retour des travailleurs maliens de Côte d’Ivoire et des réfugiés, moins crucial que celui des Burkinabé mais portant quand même sur plusieurs milliers de personnes. La question a été jugée suffisamment grave, en tout cas, pour qu’une commission nationale de crise attachée aux services du Premier ministre ait été créée. Afin d’accueillir les réfugiés un financement de 40 millions de CFA a d’ores et déjà été débloqué.

Repères :

Superficie: 1 240 192 km²
Capitale: Bamako
Population : 11,7 millions d'habitants
PIB par habitant: 166 300 F CFA (255 €) -Taux de croissance du PIB en 2001: 6,2 %
Prévisions de croissance du PIB en 2002: 5 %
Inflation en Octobre 2002: +1,3%

FRANCINE QUENTIN
31/12/2002


Fermeture du couloir «naturel» des exportations

Depuis la fermeture de la frontière terrestre avec la Côte d’Ivoire le Burkina Faso ressent avec plus d’intensité encore les difficultés de sa situation de pays enclavé et sa dépendance économique à l’égard de son voisin maritime.

La dégradation des relations diplomatiques entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, dès le déclenchement de la crise, a entraîné la fermeture de la frontière terrestre entre les deux pays depuis le 23 septembre. L’accès à la mer par le port d’Abidjan, axe privilégié car «naturel» des exportations burkinabé est donc bloqué. L’acheminement du coton de la prochaine campagne risque d’être problématique. 

Au début de la crise, selon la Lettre économique du Burkina, 30 000 tonnes de marchandises en provenance de Ouagadougou étaient en attente au port d’Abidjan. Le réembarquement des marchandises ou le déroutage des navires cause à la fois des délais supplémentaires de livraison et des coûts de transports plus élevés. Première victime de la fermeture frontalière, la société de chemin de fer reliant les deux pays, la SITARAIL, qui a cessé toute activité et mis des milliers de salariés au chômage technique. La société burkinabé de textile SOFITEX prépare une diversification accélérée de ses circuits d'exportation vers le Ghana, le Bénin et le Togo mais évalue le surcoût à 1,7 milliard de CFA soit 2,6 millions d'euros. 

Les produits de contre-saison destinés à l’Europe comme les mangues de la région du sud-ouest du Burkina ne peuvent plus compter que sur la mise en place rapide d’un circuit d’exportation à partir de l’aéroport de Bobo-Dioulasso.

Pour ravitailler les marchés locaux en produits de première nécessité importés comme les produits d’entretien, certains produits manufacturés ou alimentaires (atiéké, bananes, cola) les commerçants se sont rabattus sur le Togo, le Ghana et le Nigeria. Mais ces produits subissent des augmentations de prix allant parfois du simple au double. La modification des réseaux d’approvisionnement mais aussi les coûts de transaction liés au fait que le Ghana n’appartient pas à la zone franc CFA sont une des explications de ces hausses de prix. 

A l’inverse, les éleveurs de bovins, dont le client ivoirien est devenu inaccessible, connaissent en raison du manque de débouchés des baisses de prix sur leur bétail de l’ordre de 30 à 35%. Les produits maraîchers ont les même difficultés en ce qui concerne les productions d’oignons ou de poivrons. 

Mais à cela s’ajoute l’éventualité d’un retour massif des Burkinabé vivant en Côte d’Ivoire parfois depuis très longtemps. Ils sont officiellement trois millions et bon nombre d’entre eux, nés de l’autre côté de la frontière, ne connaissent pas leur pays d’origine. Leur retour risque de poser de gros problèmes de réinsertion. Sans compter que les concours financiers de la diaspora burkinabé résidant en Côte d’Ivoire représentent de 10 à 20% du budget de l’Etat.
Repères :
Superficie: 274 000 km²
Capitale: Ouagadougou
Population: 11,9 millions d'habitants
PIB par habitant: 154 800 F CFA (240 €) -Taux de croissance du PIB en 2001: 6,2%
Prévisions de croissance du PIB en 2002: 5%
Inflation en Octobre 2002: -0,4%
(Sources IZF.net)

Côte d'Ivoire : la locomotive de l'Afrique de l'Ouest

Après deux ans d'une transition militaire qui a terni sa réputation et l'a plongée dans le marasme économique et financier, la Côte d'Ivoire sort progressivement de son isolement et repart sur des bases solides.
Le gouvernement de la Deuxième République est s'est "qualifié" pour la reprise pleine et entière de la coopération avec ses principaux bailleurs de fonds : Union européenne, Fonds Monétaire International, Banque Mondiale, Banque Africaine de Développement. 
La France, qui a toujours manifesté son appui à la Côte d'Ivoire, a annoncé, début février 2002, un concours financier conséquent au bénéfice de son principal partenaire en Afrique sub-saharienne. 
Le dialogue avec les Etats-Unis a évolue favorablement en vue d'une intensification des relations économiques et financières entre Abidjan et Washington. La Côte d'Ivoire est éligible à l'AGOA (loi sur les opportunités de commerce aux USA).
Ce sont autant de signes qui récompensent les actions des nouveaux responsables ivoiriens en matière de respect des droits de l'homme, de transparence constitutionnelle et de gestion des finances publiques. 
L'avènement de la Deuxième République, marqué par le programme de Refondation du président Laurent Gbagbo, constitue donc un nouveau départ que veulent encourager les amis de la Côte d'Ivoire.
La locomotive redémarre 
Grâce à sa situation géographique, son poids dans la région, ses infrastructures et ses atouts économiques, la Côte d'Ivoire (3ème économie d'Afrique) entend bien demeurer le poumon économique de la région ouest-africaine, et retrouver son image de vitrine de la zone Franc. 
Le pays assume par ailleurs une mission historique dans le processus d'intégration régionale. II est vital que la Côte d'Ivoire soit pleinement en mesure de jouer son rôle à un moment où l'UEMOA et la CEDEAO renforcent leur coopération - une zone monétaire unique est prévue en 2004.
Pendant des décennies, une grande stabilité politique, des performances macroéconomiques remarquables et une excellente situation géographique ont naturellement désigné la Côte d'Ivoire comme un acteur majeur de l'intégration régionale. La pays réalisait à lui seul 40 % du PIB de l'UEMOA. 
Dotée des meilleures infrastructures d'Afrique francophone, Abidjan, la capitale économique, était le centre d'affaires de la sous-région où les principaux opérateurs économiques ouest-africains se donnaient rendez-vous à l'occasion de foires, forums, salons et autres expositions. 
A l'occasion de son retour sur la scène internationale, la Côte d'Ivoire retient de nouveau toute l'attention des observateurs, et prouve à quel point, en dépit d'une période en demi-teinte, elle demeure un partenaire incontournable dans la région.

Source: ww.ivoireplus.com

 

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